Chapt XV : Promenade dans la ville par David
Chapt XV : Promenade dans la ville
Drazart se réveilla, étonné de son rêve, il s’habilla et se demanda si il avait vraiment rêvé ou s’il avait eu une vision d’un futur proche. Après cela, il sortit de la pièce et prit soin de la fermer à clé, ensuite il se rendit devant la première salle de cours comme à son habitude. Il n’était pas le premier ni le dernier mais de nombreux élèves étaient déjà là lorsqu’il arriva. Il discuta avec Hiallan de son rêve, lui expliquant qu’il n’avait pas utilisé le Draar mais que le rêve semblait réelle.
- “Tu as peut-être des dons de voyance ou de prédictions des évènement futurs, ou sinon tu as utilisé le Draar à ton insu.” répondit Hiallan sans vraiment s’intéresser au sujet. Peu après, le cours commença, le professeur proposa des exercices pour utiliser le Zhuul et expliqua les différentes utilisations possibles de cette magie. La journée passa rapidement et une fois sa fin venue, Drazart se sentit fatigué. Il comptait rentrer dans son habitation mais Elya, sa voisine de cours, l’invita à aller marcher en ville. Comme il n’avait rien à faire à part lire des livres et que se faire des amis ne peut-être que bénéfique, il accepta, espérant par la même occasion pouvoir apercevoir son oncle en ville. Ils descendirent dans la cour du château puis passèrent par la grande porte afin d’en sortir. Après quelques pas, Drazart demanda enfin :
- “Tu à vécu toute ta vie dans cette ville ou tu viens d’autres part ? Tu ne ressemble pas vraiment aux autres élèves.”
- “C’est justement parce que je ne viens pas de famille de haute lignée, j’ai vécue toute ma vie dans cette ville mais je ne viens que d’une famille de bourgeois. On n’est pas riches mais on à tout de même plus de fortune que la plupart des habitants de Rimeside. Mais oui c’est vrai que je n’ai pas été aussi bien élevée que les nobles habitants le château. Enfin moi aussi je vis dedans maintenant. D’ailleurs, toi non plus tu n’as pas l’air de venir d’ici.”
- “En fait, j’aurai préféré rester là où j’étais avant. J’habitais à Bourg-a-blé, un village dans le Sud-ouest du pays. Malheureusement, le village à été détruit par un monstre et après lui avoir échappé, j’ai marché jusqu’à la capitale, un des archi-mages a détecté ma magie et m’a amené ici. C’est tout.” répondit-il tristement lorsqu’il se rappela la q de sa famille.
- “Et… tes parents ?” demanda elle timidement, comme si elle craignait de rappeler à Drazart un ( très ) mauvais souvenir. L’adolescent ne répondant pas, Elya eut l’intelligence de ne pas insister, sachant que sa question le troublait. Afin de changer de sujet, elle lui proposa d’aller dans un parc qu’elle savait calme et où la foule ne les empêcheraient pas de parler . Il est vrai que, à leur arrivée, l’endroit était désert, quelques arbres, plantes, cailloux et rochers étaient réparties dans le petit jardin d’une cinquantaine de mètres de long et enjolivaient légèrement l’atmosphère déjà tranquille de l’endroit. Les deux adolescents s’asseyèrent et discutèrent longuement de sujets plus ou moins intéressants, Drazart ne savait pas vraiment pourquoi elle lui avait proposé de venir et, bien que la suivre alors qu’il ne la connaissait pas pouvait sembler inconscient, il appréciait parler de tout et de rien avec cette personne qu’il connaissait pourtant si peu. Depuis la destruction de son village il n’avait parlé à presque personne et se sentait seul, la disparition de sa mère et de son cousin l’inquiétait beaucoup, la tristesse s’emparant de lui à chaque fois qu’il pensait à eux, c’est pourquoi il essayait de toujours faire quelque chose afin de ne y penser. À un moment, ils s’allongèrent sur l’épaisse pelouse et regardèrent le ciel, Drazart, fatigué, se questionna sur l’immensité du monde : en voyant une dizaine d’oiseaux voler, il s’était posé la question de savoir d’où ils venaient, peut-être venaient t-ils d’un pays lointain ou alors peut-être venaient t-ils juste d’une forêt non loin de là. L’adolescent avait, en quelques jours, parcouru une grande partie du pays, mais, le monde, était-il beaucoup plus grand que ce pays ou simplement deux ou trois fois plus massif ? Soudain, un horrible son retentit, un son annonciateur de quelque chose de mauvais.
- “La corne de brume ! Viens, vite, il faut partir, allez !” Elvia semblait terrorisé, et Drazart n’eut pas besoin de plus de preuves pour accepter de la suivre. Ils coururent au château, des centaines de citadins étaient déjà en train de se réfugier au château, en entrant, Drazart eut une pensée pour son oncle, seul et sans armes pour se défendre, dans un élan de stupidité il repartit à contre sens, abandonnant Elya au passage, il eut du mal à ressortir mais juste après qu’il l’ait fait, il fut rattrapé par sa nouvelle amie qui arriva en trombe par derrière et qui lui donna une des arme en bois d’entraînements, après l’avoir traité d’imbécile
- “Je ne comprend pas pourquoi tu veux absolument y aller mais tu devrais prendre une arme au moins, ce n’est pas la meilleur mais dans tous les cas tu te feras tuer si c’est des rebelles. Bonne chance !” et elle repartit toujours en courant. Drazart ne comprenait pas vraiment sa phrase mais cela n’avait pas d’importance. Il courut aussi vite que possible, il traversait des rues entières en quelques dizaines de secondes. Plus il se rapprochait des murailles entourant la ville, plus il entendait les cris de guerre et les hurlements des soldats, des fois, d’importants bruits faisaient trembler le sol comme si la porte principale de la ville se faisait défoncer à coups de marteau. Soudain, l’adolescent s’arrêta, il était arrivé dans l’avenue où logeait son oncle. Essoufflé, il repartit en trottinant, il était presque devant la boutique lorsque l’immense porte situé au bout de l’avenue se fissura dans un bruit assourdissant. Le jeune homme terrorisé recommença à courir mais cette fois-ci plus par peur que par envie de sauver la dernière personne qui lui était chère. Enfin, après ces quelques instants qui lui avaient semblé durer des heures, il était arrivé devant la porte du magasin de son oncle. Porte qui était fermée. Drazart tira la poignée aussi plus fort qu’il le put mais elle semblait très bien verrouillé, perdant sa patience, il asséna de violents coups de pied au centre de la porte mais elle semblait plus solide que du béton et ses tentatives n’eurent aucun effet. Soudainement, la grande porte permettant d’entrer ou de sortir de la ville s’effondra. Des bouts de bois volèrent dans tous les sens, d’immenses planches tombèrent au sol et un nuage de poussière lévita faiblement autour de la zone, provoquant un brouillard artificiel. Drazart tapa de plus en plus fort dans la porte jusqu’à ce qu’elle cède. Avant d’entrer il jeta un coup d’œil à l’entrée de la ville, d’immenses choses avançaient lentement vers le centre ville, accompagné par plus d’une centaine de petits individus. Des soldats et des chevaliers étaient positionnés devant l’armée ennemi et semblaient prêt à en découdre. Le garçon ne voyant pas son oncle dans la boutique, il fonça à l’étage et essaya d’entrer dans la chambre de son oncle, malheureusement, elle semblait bloqué de l’intérieur.
- “C’est moi, ton neveu, est ce que tu vas bien ?” cria Drazart sans s’en rendre compte.
- “Oui, attends, j’ouvre.” dit la voix derrière la porte. Et sur ce, la porte pivota avant de s’ouvrir totalement. L’oncle était bel et bien là, ni mort ni blessé.
- “Entre vite.” murmura t-il, avec l’air serein et calme qui lui ressemblait tellement. L’adolescent fit ce que l’homme lui dit et s’approcha de la fenêtre. La bataille faisait rage, des hommes en armure se battaient furieusement contre des petits êtres verts et des membres de la Rordra utilisaient leur magie pour mettre à mal une bête de la taille d’une maison. Ces dernières avaient des carapaces métalliques sur tout le corps et particulièrement sur la tête, c’étaient sans doute celles-ci qui avaient détruit la grande porte.
- “Mais pourquoi donc est tu venu ? J’ai déjà vécu des sièges, tu n’avais pas besoin de t’inquiéter pour moi.” L’adolescent se sentit un peu stupide d’avoir foncé vers le danger mais de tout façon c’était fait. Son oncle soupira et vint regarder par le fenêtre lui aussi.
- “Un jour, tu sera peut-être en bas toi aussi, luttant pour ta vie, essayant de survivre à tous prix. J’espère pour toi que ce jour n’arrivera que tard.” dit-il comme s’il connaissait le sujet mieux que personne. Les deux individus attendirent, longtemps, jusqu’à ce qu’un fracas ne se fasse entendre au rez-de-chaussée. Drazart prit son épée en main et se prépara au pire, son oncle ne semblait pas paniqué mais on pouvait voir en lui une légère tension.
- “Cache ton épée derrière ton dos.” dit l’oncle, visiblement tendu.
- “Quoi !? Mais pourquoi ?” répondit l’adolescent comme si on lui demandait d’aller dire bonjour à un Dragon.
- “Fais ce que je te dis.” L’adolescent s’exécuta et la discussion prit fin à ce moment là car des bruits venants de l’escalier se firent entendre. Grâce au vacarme qu’il faisait, Drazart n’eut aucun mal à se rendre compte que l’individu s’approchait de la porte de la chambre. À un moment, le calme se fit entendre. Un calme terrifiant, car on sait que quelque chose va se passer, mais quoi ? Les secondes passèrent, une à une, Le jeune de quatorze ans qui avait voulu aider son vieil oncle eut une envie pressante de se cacher, n’importe où tant qu’il serait loin de tous les monstres ignobles qui peuplaient maintenant la ville. Enfin, était ce des monstres ? Peut-être était ce juste une attaque venant d’un autre pays destiné à affaiblir la capitale, de toute façon, Drazart était là et plus rien ne pouvait empêcher le destin d’agir maintenant. La porte se fractura en centaines de petits bouts de bois qui volèrent dans la pièce dont quelques uns atteignirent l’adolescent qui ne put se retenir de pousser un gémissement de douleurs. Une petite créature humanoïde se tenait debout, devant la salle, avec une hache à la main et une expression de mécontentement. L’être avait la peau verte pale et semblait dénué de toutes sortes d’intelligence. Si l’on pouvait peut-être le confondre avec un humain de loin, de proche, son apparence le trahissait. Ses oreilles étaient un peu pointues mais pourtant assez grossières, sa mâchoire était fine et son corps n’était pas spécialement musclé, pourtant, il inspirait une réelle peur à l’adolescent en face de lui. La chose s’approcha de l’oncle, semblât le renifler, puis s’écarta brusquement et cria ce que Drazart interprétât comme un langage animal.
- “Tnor ! " hurla il plusieurs fois jusqu’à ce que l’oncle sorte une bourse de sa poche et la donne à la créature qui l’ouvrit en la déchirant de part en part, elle eut l’air rassuré lorsqu’elle vit briller le magnifique éclat des superbes pièces d’or. Satisfait, le monstre repartit rapidement en se cognant à presque tous les murs ce qui aurait presque fait rire l’adolescent si celui ci ne serait pas aussi terrifié intérieurement.
- “Il demandait ton or ?” demanda Drazart avec cette émotion étrange qui n’apparaît qu’après un évènement marquant.
- “Oui, les gobelins aiment l’or, je préférait cela à me battre avec lui. Les deux individus sans doute aussi stressés l’un comme l’autre attendirent donc en silence la fin de l’assaut, Drazart regardait parfois par la fenêtre et voyait l’étendue de la bataille qui se tramait pendant que lui était réfugié dans sa maison. Enfin, après quelques heures qui furent perçus comme des années par les habitants de la ville, le dernier monstre s’écroula et ce n’est qu’une trentaine de minutes plus tard que les habitants furent autorisés à sortir dans les rues. C’est à ce moment là que Drazart rentra, il ne dit même pas adieu à son oncle, il craignait trop une nouvelle attaque et voulait seulement rentrer se réfugier dans le château le plus vite possible. Les avenues désertes étaient jonchées de bêtes, certaines ressemblait à des animeaux, d’autres étaient gigantesques et l’adolescent eut même l’occasion de voir un Dragon. Ou du moins une chose qui y ressemblait, la bête était en train d’être tirer par d’immenses chars de combat et étaient assez loin de Drazart qui n’avait de toute évidence pas vraiment envie de s’approcher d’un telle bestiole, même morte. D’une taille d’au moins cent pieds de long, elle semblait être un monstre tout droit sorti des enfers, son crane était muni d’un nombre de pointes et de piques incalculable et un de ses yeux faisait la taille d’un des bras de l’adolescent. Des centaines d’écailles de deux ou trois pieds de longs chacune étaient réparties sur son corps de façon à lui procurer une armure pouvant sans doute résister aux assauts d’une horde de chevaliers. Si la créature Draconnique était dotée de quatre pattes, elle n’avait pas d’ailes, elle ne pouvait donc pas être un Dragon, peut-être un membre de sa famille. Des dizaines d’êtres verts comme celui qu’avait vu Drazart et son oncle étaient éparpillés par terre, comme s’il s’agissait des feuilles d’un arbre centenaire tombés à cause d’une puissante bourrasque. Sauf que dans ce cas, les feuilles sont des êtres verts et la bourrasque est l’armée royale. Quand l’adolescent aperçut le château royal, il y courut et se sentit plus en sécurité que n’importe où ailleurs lorsqu’il entrât dans l’énorme bâtiment de pierre.