Chapt XI : L'entraînement par David
- “Vous êtes tous là ? Bien, commençons dès maintenant.” dit Artyrus, pendant ce temps, Artyan était entrée dans la cabane et en était ressortie avec un bac rempli d’épées d’entraînement en bois.
Chaque élève fut invité à prendre une de ces armes puis Artyan demanda aux adolescents de se mettre deux par deux afin de s’affronter. L’ancien habitant du village de Bourg-a-blé se dota d’une épée et fit face à Hiallan.
Avant de débuter le combat, les deux professeurs dirent à leurs élèves les règles du combat à l’épée.
- “Si l’un de vous blesse un autre, je vengerai moi-même l’agressé et détruirai à coups de poing l’agresseur. C’est bien compris ?”
Les élèves acquiescèrent et commencèrent à combattre.
Hiallan tapa brutalement de la pointe de son épée sur Drazart qui utilisa sa lame pour parer, il allait riposter lorsque l’un des professeurs hurla de ne jamais parer avec une épée.
- “Vu la puissance du coup, ta lame se briserait, combattre à mains nues contre un adversaire armé d’une épée est totalement débile mais détruire soi-même son arme l’est encore plus.” dit Artyrus en grondant.
Les adolescents continuèrent à frapper sans que l’un d’eux n’arrive à prendre l’avantage, le combat continua quelques minutes puis, Drazart trouva une technique intéressante.
Il évita le coup adverse d’un bond en arrière puis se rua sur son ennemi à une vitesse impressionnante, il attaqua à de multiples reprises et repoussa son adversaire jusqu’à ce qu’il s’écroule par terre. Il pointa son épée vers son adversaire en signe de victoire et alla dire au professeur sa victoire, il venait de se retourner lorsqu’un coup d’épée lui frappa le dos dans une terrible douleur, il se retourna et continua son combat contre Hiallan, plus déterminé que jamais.
Drazart commençait à se fatiguer mais il tenait bon, il se jetait sur son adversaire, le frappait plusieurs fois, s’écartait et recommençait jusqu’à la fin du combat. Drazart réussit finalement à faire chuter son concurrent et s’en réjouit.
Après sa victoire, il affronta un autre garçon qui devait avoir quinze ans et qui était le plus doué de tous. Aucun élève ne l’avait battu jusqu’à présent et il comptait bien rester invaincu.
Sa façon de combattre comme une flèche et de persister à attaquer était redoutable et causa également l’échec de Drazart.
Heureusement pour lui pensa-t-il, son adversaire était un demi-elfe et avait donc une vigueur supérieure aux humains. Il trouva cette excuse pour expliquer à Artyan sa cuisante défaite, cependant, elle n’était pas du même avis.
- “Si tu avais été dans une bataille, que ton adversaire serait un elfe, qu’il t’aurait vaincu et tué tu lui dirais “c’est de la triche !” ? Je ne pense pas.” dit-elle d’un ton sec.
Après ces “douces” paroles qui lui donnèrent de l’énergie et de la détermination pour battre son prochain adversaire, il demanda à quelqu’un qui ne faisait rien s’il voulait s’entraîner avec lui mais l’individu semblait ne pas vouloir se battre avec lui.
- “Désolé mais je ne veux pas me faire ridiculiser, je suis nul au combat.” dit-il tristement avant de s’excuser encore une fois.
Après quelques nouveaux duels pas très intéressants, les professeurs libérèrent les élèves.
- “Vos cours sont finis mais vous pouvez continuer à vous entraîner ici si vous le souhaitez.” voyant qu’aucun élève ne voulait continuer, ils repartirent à l’intérieur du château.
Drazart, ne sachant pas quoi faire, remonta vers sa chambre, en passant au troisième étage, il se rappela de la bibliothèque qu’il avait vu la veille en allant voir le Roi et le mage suprême.
Il savait que c’était le nom pour dire lieu où il y a énormément de livres et s’empressa de s’y diriger.
Le jeune homme toqua à la grande porte en bois et entra dans l’immense pièce qu’était la bibliothèque. Un homme était assis devant une sorte de comptoir et devait être le gardien des lieux, mais il ne vit même pas l’enfant, tellement il était absorbé par le livre qu’il lisait. De grandes étagères remplies de livres et de manuscrits ornaient les murs tels un diamant orne une bague et les armoires semblaient assorties à la salle, à tel point qu’elles devaient avoir été conçu spécialement pour celle-ci.
Le garçon remarqua que différentes sections séparaient les livres, ainsi, à la section “magie” se trouvaient tous les livres concernant ce sujet. C’est avec béatitude que l’adolescent fouina dans cette section et avec euphorie qu’il trouva le livre “L’art de la magie et des runes I”, celui qu’il avait lu dans un magasin avant de se faire jeter dehors, mais aussi les tomes deux et trois de ce même livre.
Drazart ne fit qu’augmenter son envie de lecture après avoir terminé le premier tome, il continua donc avec le deuxième ouvrage de la série, il avait à peine fini le deuxième chapitre lorsqu’une voix le ramena à la réalité.
- “L’art de la magie et des runes II… voilà un livre compliqué, tu as vraiment lu le premier tome ? Ce pavé doit faire quatre cent pages.”
Le garçon leva la tête, c’était sa voisine du cours de ce matin et celle qui lui avait demandé s’il avait vraiment le Draar l’après-midi.
- “Et alors ? Tu n’as jamais lu un livre comme ça ? C’est pourtant le moyen le plus rapide pour apprendre”. répondit-il, voulant prouver l’utilité de ce chef-d’œuvre, et des livres en général.
- “Détruire une forêt pour ce truc…non merci. Mais bon, si tu y tiens tant que ça je te laisse le lire” et elle allait repartir lorsque Drazart lui demanda.
- “Tu t’appelles comment ?”
Elle se retourna en souriant.
- “Ilya, et toi Drazart non ?” et sans attendre de réponse, elle continua sa route vers la sortie.
Drazart la regarda partir, étonné de cette rencontre, puis il songea qu’il était tard et demanda au gardien du lieu s’il pouvait apporter les livres chez soi juste pour quelques jours, comme il lui répondit positivement, il ramena ses sept kilogrammes de bouquins dans sa chambre située un étage au-dessus.
Il n’était pas stupide et avait donc amené tout un arsenal de livres, de façon à écarter la solitude de lui le temps de son séjour ici, je sais que vous voulez absolument avoir la liste de toutes ces merveilles et je suis généreux, donc voici les neuf fantastiques ouvrages qu’il a amenés pour lui tenir compagnie :
- La Tarrasque, créature démoniaque ou monstruosité stupide ?
- L’art de la magie et des runes tome II et III
- Contes populaires du Royaume de Draer
- L’origine de la magie, l’intégrale
- Tout savoir sur les créatures draconiques édition 1329 après Tarrasque
- La fin du temps expliquée
- Le temps et son fonctionnement
- Toutes les espèces du Royaume de Draer, comportements et mode de vie
- 97% des créatures connues dans un seul livre, édition intégrale
Le premier livre expliquait l’apparition mystérieuse de la Tarrasque tous les six ans et de son tout aussi bizarre lieu d’apparition. De plus le livre expliquait ce qu’elle était, ce que l’on savait d’elle et son lien avec le temps lui-même.
Le second ouvrage explique l’usage de différents types de magie, en particulier du Draar et du Zhuul et de la façon de combattre avec.
Le troisième livre était un recueil de poèmes et d’histoires drôles ou tristes servant en général à éduquer les enfants lors de leur plus jeune âge.
Le quatrième bouquin avait pour sujet la magie et plus précisément pourquoi certains l’avaient plus que d’autres ou ne l’avaient pas du tout.
Le cinquième était un bestiaire répertoriant les types de Dragon, leurs pouvoirs, leurs natures… etc.
Le sixième étant doté d’un titre original avait pour thème l’arrêt du temps à partir du moment où la Tarrasque sortait de la Terre et jusqu’au moment où elle y réentrait.
Le septième ( on approche de la fin ) avait également un rapport avec la Tarrasque comme il expliquait comment fonctionnait le temps, et chacun sait que chaque battement de cœur de la Tarrasque ajoute une seconde au temps actuel et que si son cœur ne bat plus, le temps s’arrête jusqu’à ce qu’elle se régénère.
Le huitième livre était un bestiaire de toutes les créatures et bêtes du Royaume et il serait bien utile pour élucider l’affaire de son village.
Le neuvième réunissait l’ensemble des connaissances de tous les pays en un nouveau bestiaire répertoriant toutes les créatures connues.
L’apprenti magicien commença donc sa ( très ) longue lecture avec “Le temps et son fonctionnement” de Robert Dewilson, écrit en 1021 après Tarrasque.
Selon ce dernier, le temps aurait pour origine la Tarrasque, apparue il y a environ 1341 ans, cette créature bestiale aurait un cœur qui ajouterait une seconde au temps après chaque battement et ces battements feraient une impulsion de forme inconnue permettant d’activer certains mécanismes. Cette impulsion permet de faire fonctionner les horloges, les montres et d’autres objets, le plus souvent rares et précieux, le sujet du temps est compliqué car il garde encore de nombreux mystères mais les recherches avancent à grand pas.
Trouvant ce premier bouquin ennuyant, l’adolescent abandonna celui-ci pour prendre “Toutes les espèces du Royaume de Draer, comportements et mode de vie, de Amon Ilner écrit en 1336 après Tarrasque.
Ce livre a un sommaire très complet résumant brièvement les différentes créatures et animaux du pays, puis dans une seconde partie, chaque bête est détaillée, sa vie, ses caractéristiques et bien d’autres.
L’adolescent recherchait donc celui qui avait détruit son village, une énorme et lourde créature, elle avait détruit le toit de sa maison en se posant dessus, pouvant faire du feu d’une manière ou d’une autre, le village était en cendres après son assaut, et capable de voler, sinon comment serait-elle parvenue sur le toit ?
La créature pouvait donc être un Dragon ( peu probable vu leur rareté ), un Wyvern (Dragon avec deux pattes au lieu de quatre ), une Tryhydre (Hydre avec des ailes et trois têtes ), Fléau (un type d’Hydre qui a plus de dix têtes et pouvant voler ; les oiseaux de feu apportent miracle et bonheur mais annoncent des épreuves dangereuses, cependant ne sont pas très grands ni lourds : moins de deux cents kilos pour environ sept mètres d’envergure maximum ), une Chimère (bête monstrueuse composée de plusieurs parties d’animaux, pouvant cracher du feu à de rares occasions mais pas assez volumineuse pour détruire le toit d’une maison ), un Simurgh sinon ? Un oiseau aux proportions gargantuesques mais qui ne crache pas de feu.
Chacune de ces bêtes aurait pu détruire un village mais peu pouvaient l’anéantir au point où il l’avait été.
Il était déjà plus de vingt heures et l’enfant devrait aller en cours le lendemain, il se coucha donc et n’utilisa pas le Draar, comme leur avait conseillé l’archi-mage ce matin.
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