Chapt II : Survivre par David
Il se réveilla encore une fois, mais cette fois-ci dans la douleur et sur un tas d’éléments très inconfortables. Chacun de ses membres le faisait souffrir terriblement et il sentait quelque chose planté dans sa jambe mais il était trop terrorisé pour regarder, ne serait-ce que jeter un simple coup d’œil, sur sa jambe sans doute meurtrie par un caillou quelconque. Même si la fatigue et la douleur rendaient chaque mouvement insupportable, la peur de la mort lui accordait une énergie bien plus importante et il put se lever et courir en direction de la forêt avec une impressionnante vitesse. Il ne se retourna même pas dans sa fuite hâtive mais entendit des gens hurler : “Peut-être les connaissait-il ?”, se demanda-t-il alors qu’il se frayait un chemin à travers les arbres. Derrière lui, des brasiers brûlaient les maisons et une grande créature semait le chaos. Ça, il n’avait pas besoin de le voir, il le sentait : les flammes dans son dos l’effrayaient et les battements d’ailes de la bête le terrorisaient. Après avoir atteint la forêt, il marcha encore un peu, à bout de souffle, et il escalada un arbre pour se nicher au sommet d’une de ses branches. Il ne pouvait pas vraiment regarder la cause de l’apocalypse ni le village à cause des feuillages denses et des branches lui bloquant toute visibilité. Il essaya de dormir mais la peur l’en empêchait, et il se mit à penser à sa famille qu’il pensait avoir abandonné. Il espérait qu’ils avaient réussi à s’enfuir mais il savait au fond de lui-même que cette hypothèse n’était pas vraisemblable. En plus de ça, la douleur le tourmentait horriblement et les rares fois où il réussit à s’assoupir, il se faisait instantanément réveiller à cause de ses nombreuses blessures dues à sa chute. Malgré le chaos qui devait régner dans le village, la forêt située uniquement à quelques centaines de mètres des habitations était aussi tranquille que la plus calme des rivières. De nombreux bruits étranges la parcouraient, même la nuit, la forêt demeurait peuplée de centaines, voire des milliers d’animaux nocturnes qui chassaient et cette idée ne réjouissait pas trop ce jeune adolescent. Il laissa son esprit divaguer. Il sentait que quelques loups étaient à la recherche d’une proie ; un cerf terrorisé par ses prédateurs et qui, seul, n’avait aucune chance de survivre. Une chouette observait la scène en cherchant des petites bêtes afin de se nourrir jusqu’au lendemain. Il se reposa un peu et en profita pour observer la vie à l’état sauvage. Quelques heures plus tard, le jour se leva, et il put observer minutieusement ses blessures sous la lumière du jour. La plupart n’étaient pas vraiment graves - simplement douloureuses - et seule celle à sa jambe droite pouvait être réellement mortelle s’il ne se faisait pas soigner ; du moins, c’est ce qu’il en déduisit bien qu’il n’était pas médecin. Cette blessure avait été provoquée au moment où le toit lui était tombé dessus : un bout de bois était à moitié enfoncé dans son genou et il risquait une infection grave s’il n’était pas traité à temps. Il réussit à descendre de l’arbre après beaucoup d’efforts et de peines. Il espérait trouver des survivants dans le village, et en priorité sa famille mais il n’était pas dupe et se doutait que seule une poignée de villageois avait dû survivre à ce désastre. Adossé au tronc de l’arbre, il regarda vers son village pour voir si le monstre y logait encore et ce fut avec une heureuse surprise qu’il ne le vit pas. Cependant, les décombres et les débris encore en combustion lui rappelèrent sa maison et sa famille qui s’y trouvait au moment de l’attaque. Il réussit à s’approcher de l’ancien village en boitant et aperçut plus de cadavres que de maisons encore debout. Malgré une longue recherche, il n’arriva pas à trouver son ancienne maison car chaque tas de gravats se ressemblait ; il ne sut donc pas si sa mère et son cousin étaient encore en vie et il essaya de se convaincre qu’ils avaient réussi à partir avant l’effondrement du toit. Mais il se recentra vers lui-même et se rendit compte qu’il ne lui restait alors plus rien, et qu’il allait devoir assurer sa survie seul et cette pensée ne le rassurait guère. Il comptait essayer de rejoindre une ville proche. Puis, il se rappela de l’existence de son père ; sa mère lui avait expliqué que c’était un soldat qui était un jour arrivé dans ce petit village pour une mission et qu’il était reparti quelques jours plus tard, ne revenant plus jamais, laissant sa mère l’élever seul. Sa mère disait toujours que c’était un sale type, qu’il ne fallait pas chercher à le voir sauf si quelque chose de grave arrivait. Ce qui était exactement son cas. Il se dirigea donc vers l’endroit où il savait trouver son père : la capitale du Royaume.